Les news de la semaine du 20 janvier 2008 |
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Le 18/01/08
Les exotiques qui nous intoxiquent ...
source : lemonde.fr
Plus de 10 000 espèces exotiques mettent en danger la biodiversité européenne.
Les envahisseurs sont parmi nous. L'histoire ressemble à un film de science-fiction, mais elle se passe en Europe, sous l'oeil inquiet des scientifiques, qui observent depuis longtemps cette vague d'invasions, sans avoir imaginé qu'elle ait atteint une telle ampleur.
"Nous avions sous-évalué le phénomène, reconnaît David Roy, coordinateur de Daisie. Le rythme d'introduction de nouvelles espèces n'a cessé d'augmenter au cours des dernières années." Aucune liste n'existait jusqu'à présent au niveau européen. Une fiche signalétique a été établie pour chaque prédateur : description, comportement, aire de colonisation, impacts observés... 15 % des espèces recensées produisent des dégâts avérés sur l'environnement, l'économie ou la santé.
"En apparence, ces espèces peuvent paraître inoffensives, voire plaisantes, comme ces jacinthes d'eau aux fleurs violettes venues d'Amérique du Sud, mais nous savons qu'elles sont une des principales sources de perte de la biodiversité et qu'elles peuvent être le vecteur de nouvelles maladies", a rappelé Ladislav Miko, directeur de la direction de l'environnement à la Commission européenne. La berce des prés (Heracleum mantegazzianum), introduite à des fins ornementales, prolifère de façon incontrôlée partout en Europe. Au contact de la peau, elle provoque de graves brûlures. En République tchèque, de nombreux enfants en sont victimes. Depuis plusieurs années, la prolifération de la méduse Rhopilema nomadica en Méditerranée - probablement arrivée d'Asie dans des eaux de ballast de navires empruntant le canal de Suez - perturbe l'activité des stations balnéaires. En Grande-Bretagne, en Italie, de charmants écureuils gris venus d'Amérique du Nord sont devenus l'ennemi numéro un des entrepreneurs forestiers...
LISTE NOIRE
La facture à mettre sur le compte de ces espèces serait de plusieurs centaines de millions d'euros par an pour l'économie européenne. L'Espagne se montre particulièrement préoccupée. "Le phénomène se développe de façon exponentielle, il est urgent d'organiser une riposte collective. Un Etat seul ne peut lutter", a mis en garde la ministre de l'environnement espagnole, Cristina Narbona. Madrid a dressé une liste noire de 69 espèces à éradiquer. Parmi elles : la moule zébrée. Originaire de la Caspienne et longue de 3 cm, elle colonise depuis le début de la décennie le bassin de l'Ebre, éliminant sur son passage tout ou partie de la faune locale. La densité de ses colonies perturbe la navigation et les usines installées au bord des cours d'eau voient leurs canalisations bouchées par le mollusque. L'Irlande, la Grande-Bretagne, la Finlande, l'Allemagne et l'Italie sont aussi confrontées à ce fléau à des degrés divers.
La globalisation des échanges est le principal vecteur de la prolifération des espèces envahissantes. Mais alors que d'autres pays, comme les Etats-Unis ou la Nouvelle-Zélande, eux aussi victimes de ces espèces, se sont dotés de plans d'action et de législations restrictives, les Vingt-Sept ne disposent d'aucune stratégie, et leur arsenal commun est très limité. "Si nous voulons parvenir à donner un coup d'arrêt à la perte de biodiversité d'ici à 2010, comme les pays membres (de l'UE) en ont pris l'engagement, il est urgent de prendre des mesures", insiste Patrick Murphy, de la direction de l'environnement.
Mais personne ne se berce d'illusions. "Beaucoup de pays membres sont réticents à un plan d'action qui aura forcément un coût. Les règles d'importation devront être durcies", ajoute M. Murphy. D'ici à l'automne, la Commission devrait néanmoins mettre sur la table des propositions, mais aucune décision ne sera prise avant... 2010. Soit après les élections européennes et le renouvellement de la Commission. Les envahisseurs ont encore de beaux jours devant eux.
Les espèces exotiques envahissantes (EEE) désignent les plantes, animaux, micro-organismes introduits de façon intentionnée ou non hors de leur milieu naturel et dont l'extension est une menace pour l'écosystème local. Dans 80 % des cas, l'introduction est volontaire.
La convention sur la biodiversité biologique reconnaît depuis 2002 que les espèces exotiques envahissantes sont une menace grave pour la biodiversité mondiale. Elle demande à ses signataires de prendre des mesures au niveau national et régional pour enrayer le phénomène.
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Le 17/01/08
"Préjudice écologique" reconnu dans le naufrage de l’Erika !
source : reuters
CONDAMNATIONS POUR LE NAUFRAGE DE L'ERIKA
Le groupe Total et trois autres personnes physiques et morales ont été condamnés à des amendes et un total de 192 millions d'euros de réparations pour "pollution maritime" lors du naufrage du pétrolier Erika survenu au large de la Bretagne en 1999.
Cette condamnation d'une compagnie pétrolière dans un accident maritime majeur, une des plus lourdes financièrement jamais prononcée, est une première judiciaire en France qui pourrait bouleverser les données de ce secteur économique.
L'impact est renforcé par le fait que dans le même jugement, le tribunal correctionnel de Paris ouvre la voie à la reconnaissance de la notion de "préjudice écologique".
Le dossier n'est pas fermé car Total et les autres condamnés qui ont tous plaidé la relaxe au procès, pourraient faire appel du jugement, ce qui suspendra les sanctions. Un autre procès devrait donc être organisé dans environ un an.
L' Erika, navire vieux de 24 ans battant pavillon maltais, s'était brisé en deux le 12 décembre 1999 dans une tempête avant de sombrer et de déverser 20.000 tonnes de fioul sur 400 km de côtes, tuant des dizaines de milliers d'oiseaux et ravageant la faune et la flore marines.
 L'affaire avait relancé le débat sur le transport maritime au niveau européen. Après huit ans de procédure et quatre mois de procès l'été dernier, le tribunal condamne le groupe Total, première société française en importance et quatrième groupe pétrolier privé mondial, à 375.000 euros d'amende, sanction maximale pour pollution maritime pour une personne morale.
L'organisme de contrôle maritime italien Rina, de réputation mondiale, est condamné à 175.000 euros d'amende. Il avait donné son certificat de navigabilité à l'Erika.
Giuseppe Savarese, ex-propriétaire italien du navire, et Antonio Pollara, ex-gestionnaire italien de l'Erika, sont sanctionnés de 75.000 d'amende chacun, maximum prévu pour les personnes physiques.
"FAUTE D'IMPRUDENCE" DE TOTAL
Savarese et Pollara - absents au tribunal - ont commis une faute en réduisant les travaux d'entretien de l'Erika pour économiser de l'argent, disent les juges. Le Rina a délivré des certificats sans procéder aux contrôles nécessaires "sous la pression de contraintes commerciales", dit le tribunal.
Concernant Total SA, le tribunal écarte les règlements internationaux qui excluent la responsabilité des affréteurs, point sur lequel s'appuyait la compagnie pour demander sa relaxe. Juridiquement, l'affréteur était la filiale Total transport, qui est relaxé, disent les juges.
Total SA s'était "de fait" chargé d'un pouvoir de contrôle des navires affrétés, explique le tribunal dans ses attendus. Le service de "vetting" (inspection des navires affrétés propre à la compagnie) était rattaché au groupe, remarquent les juges, qui concluent à une "faute d'imprudence" dans l'inspection.
Le tribunal reconnait le droit pour les associations de protection de la nature à obtenir réparation des dommages à l'environnement, une victoire proche de la reconnaissance du "préjudice écologique", qu'elles demandaient.
Parmi la centaine de parties civiles - régions, départements, communes, État français, associations -, l'État obtient à lui seul 153,8 millions d'euros, l'intégralité de ses demandes. Les parties civiles demandaient au total environ un milliard d'euros de réparations.
Une vingtaine d'entre elles sont déclarées irrecevables. La région Bretagne obtient 5,6 millions d'euros, les Pays-de-Loire, 4,78 millions, le Poitou-Charentes un million, le Finistère 4,36 millions, la Loire-Atlantique 5,33 millions.
Le tribunal relaxe les onze autres prévenus et abandonne contre tout le monde l'accusation de "mise en danger d'autrui". Le capitaine indien du pétrolier, Karun Mathur est relaxé mais déclaré partiellement responsable civilement.
Sont aussi relaxés les deux filiales de Total, Total Petroleum services et Total transport, Gianpiero Ponasso, cadre du Rina, Bertrand Thouillin, ancien responsable de la sécurité de Total, Alessandro Ducci et Mauro Clemente, deux Italiens qui ont sous-affrété l'Erika à Total pour son dernier voyage.
Sont aussi blanchis par le tribunal trois militaires (dont l'amiral Michel de Fresse de Monval) et un employé civil de la préfecture maritime de Brest, mis en examen pour de supposées négligences dans l'organisation des secours.
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Le 16/01/08
Bruxelles et les Vingt-Sept négocient le partage des efforts pour réduire les gaz à effet de serre
source : lemonde.fr
La France a le plus grand mal à obtenir la prise en compte au niveau européen du nucléaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. La Commission européenne fait, pour l'instant, la sourde oreille aux demandes de Paris en ce sens, une semaine avant la présentation, le 23 janvier, d'un "paquet législatif" environnemental dont les modalités suscitent un intense débat chez les Vingt-Sept.
Il s'agit de réduire, conformément aux engagements pris en mars 2007 par les chefs d'Etat et de gouvernement, les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à leur niveau de 1990, de refondre le mécanisme d'échange des droits d'émission de GES, tout en atteignant au moins 20 % d'énergie renouvelable dans la consommation européenne. La Commission entend fixer à chaque capitale des objectifs nationaux obligatoires pour promouvoir les énergies renouvelables dans les transports, le chauffage et la production d'électricité.
Les grands Etats membres seraient ainsi contraints, d'ici à 2020, d'augmenter de 13 points – par rapport à 2005 – leur part d'énergie "verte". La hausse serait limitée à un peu plus de 10 points pour les économies plus modestes. Dans le cas de la France, la formule retenue pour répartir les efforts revient à dépasser le seuil de 23 % de renouvelables à l'horizon 2020, contre un peu plus de 10 % aujourd'hui.
Mais, à l'instar de leurs homologues allemandes, belges ou suédoises, les autorités françaises refusent une telle progression : samedi 12 janvier, lors d'une très discrète réunion avec les commissaires Andris Piebalgs (énergie) et Stavros Dimas (environnement), le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a indiqué que Paris ne voulait pas dépasser les 20 %. Dans un courrier à José Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy a jugé la proposition "ni efficace, ni équitable, ni soutenable économiquement".
Pour alléger la facture, les Français plaident, entre autres, pour une prise en compte du nucléaire, dont ils sont les principaux producteurs en Europe. Cette forme d'énergie a l'avantage, font-ils valoir, de ne pas accroître les émissions de gaz à effet de serre. Et donc d'être compatible avec les objectifs européens dans la lutte contre le réchauffement climatique.
"L'atome n'est pas une énergie renouvelable", rétorque le commissaire Dimas. "Nous n'allons pas faire de faveur à certains pays", ajoute une source proche de la Commission : "Ce sera aux Etats membres de plaider en ce sens lors de l'examen de ces projets entre eux, et au Parlement européen."
AMÉNAGEMENTS
Le point de vue des Français est partagé, à ce stade, par une poignée de pays, comme la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne ou la Lituanie. Sans être contre, certaines capitales restent très discrètes, à l'instar de Berlin, où la coalition au pouvoir maintient le cap de la sortie du nucléaire d'ici à 2020. D'autres pays, comme l'Autriche, sont en revanche farouchement opposés à tout traitement privilégié du nucléaire.
Pour faire passer la pilule, la Commission prévoit cependant de nombreux aménagements afin d'atteindre les objectifs agréés au sein de l'Union. Les nouveaux pays membres, en plein rattrapage économique, seront ainsi autorisés à accroître leurs émissions de CO2 pour ne pas entraver leur développement.
Alors que les quotas d'émissions doivent en principe être mis aux enchères à partir de 2013, des périodes de transition sont par ailleurs à l'étude, qui permettront d'accorder des droits à polluer gratuits aux sidérurgistes et autres chimistes, susceptibles de délocaliser leurs production en cas de surcoûts trop importants.
En revanche, la Commission ne prévoit pas, à ce stade, de mettre en œuvre le "mécanisme d'ajustement aux frontières" (ex-"taxe carbone") réclamé par la France afin de limiter le "dumping environnemental" des produits fabriqués dans des pays non engagés dans la lutte contre le réchauffement.
Bruxelles n'entend pas recourir à un tel instrument avant 2011, en cas d'échec des négociations internationales lancées en décembre 2007, à Bali pour préparer l'après protocole de Kyoto.
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Le 15/01/08
Demain, combien de terres stériles ?
source : lemonde.fr
Interview de Marc Bied-Charreton, géographe (réalisée par Gaëlle Dupont)
Agroéconomiste et géographe, vous êtes président du Comité scientifique français sur la désertification (CSFD). Ce processus gagne du terrain à un rythme alarmant.
Si rien ne vient l'enrayer, quel pourcentage des terres émergées sera touché dans vingt ans ?
Les Nations unies estiment qu'un tiers des terres émergées est menacé. Aujourd'hui, 500 à 600 millions de personnes en subissent les conséquences. Ils seront deux à trois milliards à l'avenir, si rien ne change.
LES CHIFFRES : 
Sur quelles tendances s'appuient ces prévisions ?
La menace vient à la fois de l'augmentation de la population mondiale - nous allons passer de six à huit milliards d'individus -, de l'absence d'adaptation des systèmes d'agriculture et d'élevage, et des risques liés aux changements climatiques. Selon les prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts pour le climat (GIEC), notre siècle sera marqué par des épisodes climatiques extrêmes. Les sécheresses seront plus fréquentes et plus longues.
A quoi ressembleront les zones touchées par la désertification ?
Il faut préciser d'emblée que la désertification, ce n'est pas une progression naturelle des déserts. C'est un phénomène qui se produit souvent - mais pas toujours - sur les marges des déserts, ce qui fait que l'on dit improprement que le désert "avance".
On considère qu'une terre est désertifiée quand il ne reste que 10 % ou 15 % de végétation sur le sol. Il n'y a plus d'arbres ni d'arbustes. Il reste environ une touffe d'herbe par mètre carré. Le reste, c'est du sable et des cailloux.
En fait, la désertification consiste en une perte progressive de la fertilité des sols. Ses causes sont à la fois naturelles et humaines. Le manque d'eau entraîne une baisse de la productivité des terres. Mais les activités humaines ont une grande part de responsabilité dans le phénomène, car les pratiques agricoles et d'élevage trop intensives ou inadaptées épuisent également les sols.
Quelles régions du monde sont menacées ?
Une centaine de pays sont concernés, sur tous les continents. L'Afrique l'est au premier chef. Le continent asiatique également. Toutes les franges du désert australien subissent elles aussi un déficit en eau depuis quelques années. Le continent américain et l'Europe ne sont pas épargnés : le phénomène menace un bon tiers de l'Espagne, Chypre, une partie de la Sardaigne, de la Sicile, et de la Grèce.
Quelles seront les conséquences sur l'environnement ?
Quand la végétation disparaît, le sol perd sa capacité de rétention de l'eau. Le ruissellement emporte la terre. Il n'y a plus de graines dans les sols. Toute vie disparaît. La résilience de l'écosystème, c'est-à-dire sa capacité à revenir à l'état initial, ne cesse de diminuer. C'est un cercle vicieux.
Les conséquences seront également planétaires. Une forte désertification aboutira à la mise en suspension dans l'atmosphère de millions de tonnes d'aérosols. Les dépôts de terre entraînés par l'érosion envahiront les égouts des villes et perturberont le régime de crue des fleuves. Le phénomène aggravera aussi le réchauffement climatique, car la capacité de stockage du carbone atmosphérique diminuera.
Quel sera le sort des populations qui vivent sur ces terres ?
Quand la fertilité des sols et leur capacité à retenir l'eau diminuent, les rendements agricoles baissent. Donc la ration alimentaire quotidienne baisse et le revenu baisse, qu'il provienne des surplus de l'agriculture vivrière ou de la culture de plantes commerciales. On observe dès aujourd'hui une chute des rendements en sorgho et en coton.
Pour compenser cette tendance, les paysans augmentent les superficies cultivées. Ils résolvent leur problème pour une année, mais ils réintroduisent le cycle de la désertification sur de nouvelles terres. Quand les déplacements locaux ne suffisent plus à faire vivre les familles, on envoie des gens vers les villes pour trouver du travail et envoyer de l'argent. Les bidonvilles gonflent.
La désertification peut-elle aboutir à des mouvements migratoires ?
Ils ont déjà commencé, notamment de l'Afrique subsaharienne vers le Maghreb et l'Europe. Cela conduit à des drames, et ce n'est pas une solution d'avenir. La solution, c'est que les villageois se développent dans leur village. Si l'on suit la tendance dessinée par le dernier rapport du GIEC, et si les techniques agricoles ne changent pas, on risque d'aboutir à des crises sociales terribles. Il y aura des bagarres pour la terre et des bagarres pour l'eau au sein de pays et entre pays. En désespoir de cause, les gens bougeront beaucoup plus.
La progression de ce processus est-elle inéluctable ?
Non. Il faut améliorer la gestion de l'eau et les techniques agricoles. C'est simple et assez peu coûteux. On peut empêcher l'eau de partir, grâce à de petits murets de pierre, à des diguettes, à de petites retenues. Il faut aménager les pentes pour stopper l'érosion, faire des trous dans lesquels on met du compost et où l'on plante un arbre, tous les 3 ou 5 mètres.
C'est aussi simple que cela ?
Même avec peu d'eau, quand la végétation commence à recoloniser le sol, on stoppe la spirale négative. Au bout de trois ou quatre ans, le sol est enrichi en matière organique, et on peut envisager de réimplanter une agriculture. Il n'y a pas besoin de grands aménagements. Il faut juste un peu d'engrais. Avec de bonnes pratiques, les rendements peuvent doubler ou tripler. Cela a déjà été fait sur des milliers d'hectares, c'est reproductible.
Quel pourrait être l'apport des plantes génétiquement modifiées ?
Je ne suis pas contre a priori, mais ce n'est pas un remède miracle. La génétique traditionnelle progresse dans la sélection de semences adaptées au manque d'eau. De toute façon, les paysans de ces zones ne sont pas solvables. Mieux vaut améliorer les variétés locales, et garder la technique traditionnelle, qui consiste à prélever 15 % de sa récolte comme semences pour l'année suivante.
Pourquoi les techniques élémentaires que vous décrivez ne progressent-elles pas ?
Il faut investir de 300 à 400 dollars par hectare et par an, pendant trois ou quatre ans. Les paysans n'ont pas cet argent. Ensuite, toute la difficulté vient du différé du retour sur l'investissement. Pendant les quelques années consacrées à la restauration des sols, il faudrait donner à manger aux gens, et même les payer. Ce message est très difficile à faire passer. Les gouvernements des pays concernés ont d'autres priorités. Les masses rurales sont ignorées, c'est la peur de l'émeute urbaine qui domine.
La communauté internationale agit-elle ?
L'aide publique au développement va en priorité aux infrastructures et à la santé. C'est plus visible. En plus, l'aide internationale va plutôt aux grands projets, alors que ce type de programme demande d'allouer de petits montants. Il s'agit pourtant de restaurer un bien public mondial. C'est assez désespérant, on dirait que personne ne se rend compte de la gravité de la menace.
Il faut faire comprendre que la protection de l'environnement, ce n'est pas seulement la limitation des gaz à effet de serre, ou la protection de la biodiversité, mais aussi une agriculture, une foresterie et un élevage plus productifs et aussi protecteurs de l'environnement.
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Le 14/01/08
La fonte des glaces s'accélère
source : nouvelobs.com
 Selon une étude publiée dans la revue Nature Geoscience, dimanche 13 janvier, la fonte des glaces s'est accélérée de 75% en dix ans le long des côtes du continent antarctique, atteignant en 2006 quelque 192 milliards de mètres cubes, une quantité suffisante pour noyer sous 4,6 mètres d'eau l'ensemble des Pays-Bas.
Cette fonte des glaces est concentrée en aval des glaciers sur l'ouest du continent (132 milliards de m3 avec une marge d'erreur de plus ou moins 60 milliards) et la péninsule antarctique (60 milliards de m3 avec plus ou moins 46 milliards de m3 de marge d'erreur), ont constaté Eric Rignot, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA et son équipe internationale de chercheurs.
Une accélération persistante
Sur l'est du continent, en revanche, la calotte glaciaire est restée stable. Etalée sur l'ensemble de la surface des océans, la fonte de 192 milliards de mètres cubes de glace représente une élévation supplémentaire annuelle de 0,5 millimètre du niveau des mers, qui s'ajoute à la hausse due à l'expansion thermale, une masse d'eau étant plus volumineuse si elle est chaude. "Les pertes de masse (de glace) dans la région d'Amundsen et le nord de la péninsule sont provoquées par une accélération persistante (des glaciers), alors que le niveau d'enneigement a augmenté entre 1980 et 2004, en particulier dans la péninsule", selon l'étude.
Une élévation minimale de 18 centimètres
Les chercheurs ont utilisé des mesures prises par satellites couvrant 85% de la côte du continent antarctique. Les experts internationaux sur le climat (Giec) ont, dans leur dernier rapport officiel remis en 2007, renoncé à extrapoler la hausse maximale du niveau des océans à la fin du siècle, du fait des incertitudes pesant sur la rapidité de la fonte des glaces du Groenland et de l'Antarctique. L'élévation minimale a été fixée à 18 centimètres jusqu'à la fin du siècle par le Giec, qui a renoncé à fixer une limite maximum, auparavant fixée à 59 centimètres.
Un rythme sans précédent
Selon une étude de novembre du Climate Institute australien, le niveau des mers pourrait monter en cent ans de 1,40 mètre. Le réchauffement du pôle Nord est deux fois plus rapide que celui de l'ensemble de la planète. Les glaces de la région arctique, près du pôle nord, ont fondu à un rythme sans précédent l'an dernier, et le phénomène devrait s'amplifier du fait de la diminution de la réflexion des rayons du soleil sur la neige et la glace.
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