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Le 23/07/08
"Je rêve qu'en replantant des millions d'arbres, on oriente l'Afrique vers la paix"
source :lemonde.fr
Prix nobel de la paix Wangari Maathai rêve "qu'en replantant des millions d'arbres, on oriente l'Afrique vers la paix"
Leçon d'amour, leçon de vie en lisant les lignes qui suivent qui pourrait ne pas se sentir concerné ?
J'ai longtemps cru que le monde était une vallée de terre riche, dominée par les contreforts des monts Aberdore et au nord par le mont Kenya. Je pensais que les acacias au feuillage mince et dur, les torrents vivaces et purs où nous allions chercher l'eau étaient éternels. Et j'imaginais que les champs où ma mère me déposait, enfant, pour mieux ramasser le managu, ce légume vert sauvage qui accompagnait nos gâteaux de maïs, seraient toujours fertiles. A mes yeux, cette vallée du Rift où mon père travaillait dans la ferme d'un colon britannique était l'univers tout entier. Et cet univers avait la couleur des forêts. Il avait l'odeur des épices et du pyrèthre. Il avait aussi ses lois.
Après la seconde guerre mondiale, de nombreux soldats de l'armée britannique avaient été récompensés en recevant des terres dans les lointaines colonies. Les peuples indigènes, systématiquement évincés, avaient cependant droit à un petit lopin pour faire vivre leur famille lorsqu'ils acceptaient de travailler pour les Blancs. C'était le cas de mon père, venu des montagnes, et issu d'un peuple robuste, travailleur et, du fait du climat en altitude, insensible à la malaria. Toute sa vie, il a travaillé à Nakuru pour le même propriétaire blanc, M. Neylan, au point de le considérer avec déférence comme un ami. Je ne suis hélas pas certaine que M. Neylan pensait à mon père dans les mêmes termes...
De chez moi, on pouvait apercevoir les neiges du mont Kenya, à 5 000 mètres d'altitude. Il y en avait encore beaucoup à cette époque. Et mon peuple, les Kikuyu, respectueux de cette majesté qui émergeait parfois des nuages, considérait la montagne comme sacrée. Dieu, "Wanenaga", y habitait, disait-on avec respect. Mais la montagne n'abritait pas seulement "Wanenaga". Elle apportait aussi l'eau. Trois cents sources en jaillissaient, alimentant la plus large rivière du Kenya, la Gura. Il faut que vous imaginiez la puissance tumultueuse de ces flots, alors ! Le fracas des pierres qui roulaient ! La largeur impressionnante de la rivière ! Nous prenions l'eau aux sources. La nourriture était abondante, à portée de main, dans la nature si généreuse qui nous environnait. Je n'avais qu'une ou deux robes, nous n'avions pas l'électricité dans notre case, mais jamais nous ne nous sommes sentis pauvres.
Si je vous décris ces paysages, c'est parce qu'ils ont aujourd'hui disparu et que cette perte est une menace mortelle pour le Kenya, l'Afrique et peut-être le monde.
Un peu avant l'indépendance, en 1963, la classe politique kényane s'est attachée à former une nouvelle élite et a décidé, en association avec la fondation américaine Kennedy, l'envoi d'étudiants africains aux Etats-Unis. Ce fut ma chance. Très bonne élève d'une institution catholique de Nairobi, j'ai été sélectionnée et me suis envolée pour New York en 1960. J'en suis revenue six ans plus tard, bardée d'un diplôme de sciences et de biologie, et métamorphosée. J'avais acquis de l'assurance et la force de soulever des montagnes. Cela tombait bien. A mon retour, mon Kenya tant aimé était méconnaissable.
Les terres où vivaient mes parents avaient été réunies par le remembrement. Les talus et les buissons coupés. Les arbres avaient disparu. Les forêts de bambous épaisses et profondes, peuplées autrefois de singes columbus superbes avec leurs longs poils noir et blanc, avaient été brûlées pour dégager des terres cultivables.
A Nairobi, où j'enseignais à l'université, je fréquentais les mouvements féministes qui essaimaient en Afrique dans les années 1970. On y trouvait des femmes très éduquées comme moi, mais aussi des analphabètes venues de la campagne. Lorsque ces dernières m'ont dit qu'elles n'avaient plus assez d'eau potable, ni de petit bois pour le feu, ni de nourriture pour leurs enfants, lorsqu'elles ont parlé de l'abattage des arbres et des champs de thé, j'ai compris que quelque chose de grave s'était produit. Ces paysannes, qui venaient parfois des régions mêmes de mon enfance, se plaignaient toutes de la pauvreté. De la dureté du quotidien. De l'assèchement des terres. La rivière Gura, si pure et si tumultueuse autrefois ? L'eau y était désormais noire, les pierres figées, le débit faible.
Jusque-là, les Britanniques avaient remplacé une partie de la forêt indigène par des plantations d'espèces plus lucratives comme le pin, importé de l'hémisphère Nord, ou l'eucalyptus, venu d'Australie. Mais, depuis l'indépendance, les paysans étaient libres de planter des cultures qui leur avaient été autrefois interdites, comme le thé et le café, bien plus rentables à l'exportation. Et la déforestation s'était donc intensifiée, accentuant encore l'érosion.
Lorsque les destructions ont progressé vers la montagne, personne n'a protesté. Cela faisait tant d'années que les missionnaires, complices de tous les pouvoirs successifs, raillaient le mysticisme africain, que nos mythes les plus sacrés s'étaient effondrés. A quoi bon protéger une montagne dont personne ne croit plus qu'elle abrite Dieu ? Notez pourtant ce chiffre stupéfiant : à l'époque de la colonisation britannique, 30 % du territoire étaient couverts par la forêt. Aujourd'hui, la forêt représente à peine 2 % des terres. Mon rêve s'est donc dessiné peu à peu avec la disparition des arbres et la fonte des neiges du mont Kenya. Oh, il a commencé modestement, et sur une idée toute simple : à ces femmes qui décrivaient leurs champs devenus infertiles, j'ai proposé de replanter des arbres. C'était en 1974, et je n'avais alors pas de stratégie très élaborée. Mais je suis allée voir un forestier et j'ai réclamé des plants. Quinze millions. Il a ri. "Quinze millions ?" "Nous sommes 15 millions de Kenyans. Un Kenyan, un arbre."
Et nous avons monté une organisation avec les femmes. Nous avons organisé les pépinières. Et puis le transport des arbres, des pépinières jusqu'aux bordures des champs où ils devaient "habiller" les terres en formant une "ceinture verte" qui permettrait de limiter l'érosion, de faire revivre la faune et peu à peu de reconstituer la forêt. Il a fallu encore convaincre les fermiers de planter un arbre qu'ils ne verraient peut-être jamais adulte, leur donner un petit pécule et transformer ainsi cet acte écologique en moyen de subsistance. Mais notre mouvement, La ceinture verte, était né.

Comment planter sans mobiliser des groupes de fermiers, sans éduquer les femmes, sans parler de la destruction de l'environnement ? J'avais considéré le problème sous son aspect pratique. Il est vite devenu politique et, sans même que nous le voulions, passablement subversif. Car les questions plus sensibles sont vite arrivées : "Quand avons-nous perdu nos valeurs et la connaissance de la nature ? Qui nous a poussés à détruire ce qui pourtant nous nourrit ? Et dans quel but ?"
Beaucoup de terres avaient été privatisées dans les années 1980, et les forêts rasées. Chaque année, une partie des biens nationaux continuait d'être ainsi dilapidée dans un système où la corruption était maîtresse. Il a donc fallu dénoncer le pillage de notre terre par ceux-là mêmes qui étaient censés la protéger. Désigner les bénéficiaires et les responsables, c'est-à-dire essentiellement le gouvernement. Cela fit de nous des gens dangereux. Et nous avons commencé à être persécutés.
Nous avons été arrêtés plusieurs fois. Nos manifestations ont été interdites. Des procès nous ont été intentés. Mais La ceinture verte était devenue si populaire que j'ai dû organiser la récolte des fonds nécessaires à des plantations plus massives encore. Rien ne pouvait m'arrêter.
Quand on m'appela, un matin d'octobre 2004, pour m'annoncer qu'on m'attribuait le prix Nobel de la paix, je suis tombée des nues ! La paix ?... Oui, la paix. Et c'est bien de cela, au fond, qu'il s'agit. Détruire l'environnement affecte les conditions de survie des hommes et fournit le cadre de conflits potentiels. Paix, gestion durable des ressources et bonne gouvernance sont indissociablement liées. Y a-t-il meilleur symbole de paix et d'espoir qu'un arbre vivant ?
Alors je rêve que les Africains comprennent que la protection de la nature préservera d'abord leur autonomie et leur capacité à se nourrir. Je rêve que l'Afrique se dote de dirigeants compétents et en finisse avec ces corrompus qui privatisent, détruisent les territoires et sèment la guerre. Je rêve que le pouvoir, si clairvoyant sur l'intérêt des bûcherons, des promoteurs immobiliers et des compagnies de téléphone, cesse d'être aveugle devant ces étendues de cèdres et d'eucalyptus asséchées. Je rêve que l'Eglise nous offre, de mission en mission, de prêtre en prêtre, un précieux réseau d'éducation populaire. Je rêve enfin que l'on continue de replanter des arbres, par milliers, par millions, et qu'en retrouvant ses forêts, ses couleurs, l'Afrique découvre la démocratie et la paix.
Le 20/07/08
LES PNEUS ROULENT AU VERT !!!
source :lemonde.fr
Dans le sillage des constructeurs automobiles, les fabricants de pneumatiques se lancent à leur tour dans la bataille médiatique de la réduction des gaz à effet de serre.
Leur contribution, même si elle s'inscrit à la marge, n'est pas tout à fait négligeable.

Un exemple : la récente Peugeot 308 bénéficie, dans sa version diesel 1,6 litre HDi (110 ch) du bonus écologique, en partie grâce à ses pneus Michelin Energy Saver, qui lui permettent de ne pas dépasser les 120 grammes de C02. Les objectifs fixés par la Commission européenne imputent d'ailleurs aux manufacturiers une part notable des efforts de réduction des émissions.
Sur les 130 g/km de CO2 que devra rejeter en moyenne la gamme d'un constructeur automobile à l'horizon 2012, il est prévu que 10 g seront directement imputables aux équipements de la voiture, dont pas moins de 7 g pour les pneumatiques. Le reste devra être réalisé grâce à des systèmes "stop & start" d'arrêt du moteur au feu rouge ou au recours à des climatisations basse consommation notamment. Quant au Grenelle de l'environnement, il recommande que les pneumatiques soient classés en fonction de leur performance environnementale.

Dans la recherche du meilleur compromis possible entre réduction de la résistance au roulement du pneu (qui absorbe environ un tiers de l'énergie du moteur) et adhérence du pneumatique, en particulier sur chaussée mouillée, Michelin affirme avoir pris la tête avec la dernière génération de son pneumatique grand public "Energy Saver". Celui-ci est censé réduire la consommation moyenne de 0,2 l/100 km, soit pas moins de 20 % par rapport à ses principaux concurrents, c'est-à-dire 4 g de moins par kilomètre.
Pour sa part, l'américain Goodyear annonce pour l'année prochaine le lancement d'un pneumatique réduisant de 30 % la résistance au roulement pour une économie de consommation allant jusqu'à 5 %, ou encore de 8 g/km de CO2, grâce à un nouveau composant d'origine végétale, l'amidon de maïs.

Les vertus environnementales étant inversement proportionnelles aux performances de freinage sur sol humide (jusqu'à 8 m de plus pour stopper son véhicule), la marque allemande Continental préconise un système européen d'étiquetage. Celui-ci devra placer sur le même plan les performances environnementales et le freinage sur chaussée mouillée.

Enfin, l'italien Pirelli profite de ce nouvel engouement pour relancer, en 2010, sa fameuse ligne de pneus "Cinturato", à laquelle sera accolée la dénomination "EcoImpact". La baisse attendue de la consommation est de 4 % et la durée de vie sera, en principe, de 60 000 km. Si ce pneumatique n'est encore qu'un prototype sur les pistes des centres d'essais de la vallée du Pô, Pirelli annonce une réduction de la distance de freinage sur le mouillé de 11 % par rapport à la génération actuelle de Pirelli P4 et P6.
Le 17/07/08
De l'électricité 100 % verte grâce à la force de l'eau
source :lefigaro.fr
EDF va construire un parc hydrolien au large de la Bretagne, destiné à produire de l'énergie non polluante et au potentiel inépuisable.
Le projet, qui représente «l'aboutissement de plus de quatre années de concertation et d'études sur les côtes bretonnes et normandes», aboutira à la construction de trois à six hydroliennes, d'une capacité de 4 à 6 MW.
Selon EDF, ce mode de production d'énergie, qui «n'émet pas de gaz à effet de serre et présente l'avantage d'être totalement prévisible» pourrait, «à long terme, contribuer significativement à la production d'électricité d'origine renouvelable».

Dans ce secteur, la France et le Royaume Uni sont bien placés car les deux pays «concentrent à eux seuls 80% du potentiel européen hydrolien». L'installation de ce démonstrateur permettra de tester la technologie en conditions réelles, d'en apprécier la rentabilité et d'établir un cadre administratif et juridique susceptible de favoriser le développement d'une filière française.

Concrètement, ces hydroliennes expérimentales, invisibles à la surface de l'eau, seront positionnées à une quinzaine de kilomètres des côtes et seront installées sur des blocs de béton posés sur les fonds. Cette zone bretonne n'a pas été choisie au hasard, puisque l'intensité des courants y atteint des niveaux parmi les plus élevés d'Europe.

Peu après le début de la production, une évaluation sera entreprise durant deux années avant de décider du développement ou non de cette filière énergétique. Pour Pierre Gadonneix, le Président Directeur Général d'EDF, «les énergies marines constituent en effet une source d'électricité sûre et inépuisable, susceptible de contribuer à répondre aux besoins grandissants en énergie des populations et aux engagements internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre».
Le 12/07/08
L'éco-conduite ou comment moins consommer sur la route(petit rappel)
source :Enerzine.com
Alors que la journée est annoncée rouge dans le sens des départs en vacances, l'Ademe et le ministère de l'Ecologie rappellent les conseils à suivre pour consommer moins de carburant et réduire son impact en termes de gaz à effet de serre.
"Aujourd'hui, les transports sont à l'origine d'un tiers de la consommation totale d'énergie", rappelle l'Ademe. 35% des émissions nationales de CO2 et une bonne partie de la pollution de l'air sont attribuées à la consommation de carburant, ajoute-t-elle.

La solution privilégiée : préférer les alternatives à la voiture lorsque cela est possible : "Entre Marseille et Paris, le passager [d'un train] émet 5 kg de CO2, celui d'une voiture Diesel environ 145 kg de CO2."

L'éco-comparateur mis en place par l'Ademe permet de se faire une idée de l'impact environnemental de ses déplacements : www.ademe.fr/eco-deplacements

Pour les transports urbains, l'Agence de l'Environnement souligne qu'un trajet sur deux se fait sur moins de 3 km. Une distance que les pieds ou les vélos permettent de couvrir aisément.

Lorsque la voiture est incontournable, des solutions existent pour en limiter l'impact :
Le covoiturage permet à la fois de partager les frais et de réduire l'impact environnental, alors que 80% des conducteurs roulent seuls en voiture. L'autopartage constitue également une solution innovante qui commence à se développer.

Le bon fonctionnement du véhicule joue un rôle essentiel dans sa consommation de carburant.
Ainsi "un sous gonflage de 0.5 bar (sous gonflage dangereux) c’est 2,4 % de consommation supplémentaire, soit 33 € et 58 kg de CO2 par an" explique l'Ademe. Des pneus "basse consommation" peuvent offrir 5% de consommation en moins, soit 70€ par an et 120 kg de CO2 économisés.

La vérification régulière de la pression des pneus peut donc permettre de réaliser des économies, de même que l'entretien général du véhicule : "un véhicule mal entretenu peut entraîner une surconsommation de carburant pouvant aller jusqu'à 25%. Un filtre à air encrassé fait consommer 3% de plus et un moteur mal entretenu, encore plus, soit près de 40€ sur l'année et 70 kg de CO2."

Le chargement de la voiture peut également faire varier significativement sa consommation : 100 kg, c'est là encore 5% de carburant consommé en plus. Les galeries de toit sont énergivores : "une galerie peut faire consommer 01% de plus, soit 1€ et 1,75 kg de CO2 tous les 100 km" note l'Ademe.

Une conduite souple permet de réduire un peu plus sa consommation de carburant :

"Démarrer son moteur sans appuyer sur l’accélérateur, choisir le régime adapté et surtout ne pas « tirer » sur les rapports, rouler à une allure constante, anticiper les ralentissements, utiliser le frein moteur en décélérant pied levé avec une vitesse enclenchée." Au delà d'un arrêt de 20 secondes, il devient intéressant de couper son moteur. Tels sont les préceptes de l’éco-conduite.

Une conduite agressive en ville peut augmenter la consommation jusqu’à 40 %, soit 4 € de dépenses inutiles et 7 kg de CO2 pour 100 km.

Pour ceux qui ne sont pas coincés dans les embouteillages, réduire sa vitesse permet de réaliser des économies : 10 km/h de moins, c'est jusque 5 litres économisés sur 500 km, ou 7€ et près de 12 kg de CO2.

Enfin, la surconsommation de carburant qu'entraîne la climatisation peut atteindre 10% sur route et 25 % en ville. L'Ademe souligne que les émissions de CO2 dues au fonctionnement de la climatisation peuvent atteindre environ 2,6 kg de CO2 aux 100km, soit 15% de plus.
Le 10/07/08
La part des biocarburants en Europe atteint les 2,6%
source :Enerzine.com
L'Observatoire des énergies renouvelables (EurObserv'ER) vient de publier son rapport annuel qui se base sur les données de l'année passée (2007).
Ainsi, la consommation de biocarburants a connu une augmentation de 37,5% durant cette période pour atteindre 7,7 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) **. La consommation de biocarburants a continué à augmenter dans l’Union européenne mais à un rythme moins soutenu qu’en 2006.
Les biocarburants représentent aujourd'hui 2,6 % de l'ensemble des carburants utilisés dans les transports routiers en Europe. Rappelons que la directive européenne en la matière vise à augmenter la part des biocarburants à 5,75% d'ici 2010.

La répartition pour l'année 2007 a été la suivante :
- 1,17 million de tep pour le bioéthanol, (+ 33,8 % d'augmentation)
- 5,77 millions de tep pour le biodiesel (+ 41,7 %),
- 0,75 million de tep pour le biogaz et d'autres huiles végétales.
L’augmentation beaucoup plus importante de la consommation de biodiesel s’explique non seulement par la volonté des pays membres de remplir leurs obligations européennes vis-à-vis de la directive mais également par la situation préférentielle du diesel sur le marché européen (61,5 % de la consommation des transports routiers en 2006).
La consommation de biodiesel bénéficie de l’appel d’air lié aux importantes importations de diesel conventionnelles qui permettent de combler les besoins du marché européen.
L’augmentation moins importante de la consommation de bioéthanol (+0,36 Mtep) s’explique par une part de marché plus faible de l’essence en Europe (36,9 % de la consommation des transports routiers en 2006) mais également par la très forte augmentation des prix des céréales. Malgré ce contexte défavorable, la consommation européenne de bioéthanol carburant a pu continuer sa progression et ce pour plusieurs raisons : une partie des achats de céréales avait été contractualisée avec les exploitants agricoles avant la forte augmentation des prix, la production de bioéthanol à partir de betterave sucrière a été moins touchée et les importations de bioéthanol provenant principalement du Brésil ont fortement augmenté.
Sans surprise, l'Allemagne reste la plus grosse consommatrice de biocarburants, avec 4 millions de tep. La France maintient son cap et arrive en seconde position avec 1,4 millions de tep, suivi de l'Autriche (389 000 tep). L'Espagne a, en 2007, plus que doublé sa consommation de biocarburants (373 000 tep) et imposera l'incorporation de 5,8% en 2010.
Pour finir de le Royaume-Uni a, au cours de l’année 2007, également doublé sa consommation de biocarburants (349 000 tep) mais en même temps conteste le taux imposé par la directive Européenne. Le gouvernement du Royaume-Uni estime qu’un haut niveau d’incorporation de biocarburants ne peut pas être atteint de manière écologiquement durable, c'est pourquoi le taux d'incorporation en GB restera inférieur aux 5,75 %.
** 1 mètre cube de bioéthanol correspond à 0,51 tep et 1 mètre cube de biodiesel correspond à 0,78 tep.
Le 08/07/08
Derrière l'étiquette verte, plusieurs recettes
source :lemonde.fr
Logo vert sur le produit ou indication sur le ticket de caisse, l'étiquetage environnemental des denrées alimentaires a fait son apparition dans les supermarchés E. Leclerc et Casino.
Simple démarche marketing ? Pas seulement.
Ces initiatives ont reçu l'aval de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), sésame optionnel mais précieux. L'agence a apporté son expertise, ainsi que 113 000 euros à E. Leclerc et 180 000 euros à Casino, pour aider de petites sociétés d'ingénierie à concevoir des méthodologies de calcul du "bilan carbone", la masse de CO2 rejetée lors du transport et de la production de chaque produit.
Fondée en mai 2007, la société Greenext s'est lancée la première avec Thomas Pocher, le directeur des centres E. Leclerc de Templeuve et Wattrelos, dans le Nord. Depuis avril, on y trouve, affichée en rayon, la quantité estimée de gaz à effet de serre de plus de 20 000 références, et indiqué sur le ticket de caisse le bilan carbone du chariot de supermarché (Le Monde du 9 juin). Caroline Alazard, directrice de Greenext, a souhaité baser sa méthode de calcul sur la pédagogie. L'affichage a été une évidence : "C'est le meilleur moyen d'interpeller le consommateur. Alors que l'étiquetage est difficilement mis à jour à cause des stocks ; de plus il dépend du bon vouloir des producteurs qui fabriquent les emballages.

PARCOURS DU PRODUIT
Le bilan carbone affiché prend en compte le parcours du produit, de l'extraction des matières premières jusqu'au traitement des déchets. Mais il s'agit d'une analyse de cycle de vie (ACV) simplifiée, car calculée pour un produit générique - regroupant des produits aux compositions et aux procédés de fabrication quasi similaires - et représentatif d'un rayon. Le même indice est donc affiché pour un yaourt nature et un yaourt aromatisé à la fraise, quelle que soit sa marque, et fait l'impasse sur les grammes de carbone de différence.
En partant de données nationales sur plus de 600 articles génériques, les bilans carbone ont été affinés en fonction de l'impact des centres E. Leclerc et du type de conditionnement (poids, volume, matériau de l'emballage). Les émissions liées à l'origine et aux modes de transport des produits - de la sortie d'usine aux magasins - ne sont donc pas encore prises en compte dans le résultat affiché, hormis pour les produits frais. Mais un site Internet devrait collecter en fin d'année les données des fabricants. Un bilan carbone sera alors identifié pour chaque référence et permettra la comparaison entre les marques.

Cette méthode du "générique" a permis un affichage ultrarapide sur la quasi-totalité du rayon alimentaire des deux Leclerc, et n'a coûté que 300 000 euros alors qu'une ACV complète revient à 50 000 euros par article. Bien que non finalisé, le bilan carbone permet au client de comprendre comment économiser pour lui et pour la planète, estime Thomas Pocher. "En privilégiant les achats de produits en grand conditionnement, en évitant les suremballages et le verre,on peut diviser par deux le montant des courses et réduire de 20 % les émissions du bilan CO2.

Casino, lui, a préféré l'étiquetage. Ne trouvant aucune méthodologie internationale adaptée aux attentes du distributeur, la société Bio Intelligence Service, forte de vingt ans d'expérience en ACV, a développé la sienne. Un travail titanesque de six mois à un an par référence. "On part de la recette, explique son président, Eric Labouze. On retrace alors la chaîne de chaque ingrédient pour identifier les actes effectués et les impacts environnementaux, en partant du champ jusqu'au produit fini." Une fois la somme de toutes les émissions de carbone calculée, l'indice carbone est exprimé pour 100 grammes de produit, afin de faciliter la comparaison. La première ACV réalisée, des économies d'échelle sont effectuées pour les articles proches en réutilisant les bases de données constituées. 500 produits ont ainsi été étudiés en un an. Mais seulement huit références sont étiquetées depuis juin, plus de 3 000 à terme. Sur l'emballage de ces produits apparaît, en vert, l'indice carbone et, au dos, une réglette évaluant l'impact sur une échelle de sept niveaux.
Les articles étiquetés sont tous issus de la marque Casino.
L'expérimentation ne permet donc pas la comparaison entre les marques. Chez E. Leclerc et Casino, on invoque la volonté de ne pas stigmatiser les fabricants, mais plutôt de les inciter, à terme, à participer à cet étiquetage.

En janvier, les enseignes du commerce et de la distribution ont signé une convention "écoresponsable" qui les engage à définir une méthode commune de calcul et d'affichage du bilan carbone, pilotée par l'Ademe. A partir de 2011, cet affichage devrait être obligatoire pour tous les produits.
Pour Chantal Jouanno, directrice de l'Ademe, "la future méthodologie ira plutôt dans le sens de celle de Bio Intelligence Service, dont l'ACV est plus complet que celle de Greenext, pourtant très pédagogique". Elle intégrera d'autres impacts environnementaux et devrait permettre de donner un "coût environnemental" au produit.
Le 01/07/08
Le réchauffement climatique raconté par les oiseaux
source :Lemonde.fr
Sur les rochers du Cap Fréhel, ce printemps, ils étaient trois fois moins nombreux qu'il y a deux ans. Ailleurs, ils modifient leurs itinéraires de migration, ils décalent leurs périodes de reproduction, ils changent leur régime alimentaire.
Les bouleversements du mode de vie des oiseaux constituent l'un des meilleurs indicateurs des évolutions climatiques en cours. Et tous les signaux sont en train de passer au rouge. Les temps changent, et comme nombre d'espèces de volatiles, les hommes vont aussi devoir s'adapter.

Le phytoplancton est parti le premier. Parce que les eaux de la mer du Nord s'étaient réchauffées d'un petit degré, ces micro-organismes marins ont subitement migré vers des fonds plus rigoureux.
Le zooplancton l'a suivi. Et puis dans leurs sillages, on a vu s'en aller le lançon, ce "poisson-fourrage" fin et longiligne dont se nourrissent les gros poissons et les oiseaux marins… Parmi les vastes colonies de mouettes tridactyles, de guillemots et de pingouins, de sternes et de fous de Bassan qui peuplent les côtes britanniques, souffla un vent de panique.
Les oiseaux, poussant de plus en plus loin leur maigre pêche, perdirent leurs forces. Pénurie alimentaire, échec de la reproduction, révoltes de la faim… La désolation fit place à l'effroi : goélands et labbes – ces superprédateurs incapables de pêcher eux-mêmes –, se mirent en colère et, affamés, se jetèrent sur les œufs, les poussins, et même sur ces maudites mouettes qui rentraient bredouilles. Guerre et famine…
Un jour de 2004, quand les ornithologues écossais revinrent sur la falaise qu'ils étudiaient, il n'y avait plus d'oiseaux.

Il a beau avoir toujours son sourire en coin, on lit l'inquiétude dans les yeux de Bernard Cadiou. Ses jumelles pendent, désœuvrées : ici, dans les Côtes-d'Armor, la face nord-ouest de la Grande Fauconnière, ce rocher de granit rouge sculpté par les vents en contrebas du cap Fréhel, habituellement peuplée de dizaines de couples de cormorans huppés, est bien déserte. Seules quelques silhouettes noires et débonnaires, au cou hautain et au bec souligné de jaune trônent sur les trop rares amas de brindilles et d'algues. "On dénombrait quelque 350 couples il y a deux ans. Aujourd'hui, il y en a trois fois moins… Et, alors que les cormorans commencent à s'accoupler dès février, cette année on n'a vu le premier œuf que le 21 avril… La forte tempête que nous avons eue le 11 mars ne peut à elle seule expliquer le phénomène. Même les nids qui sont abrités du vent n'ont pas reçu de nouveaux locataires…"

Avec ses rouflaquettes et ses trois anneaux à l'oreille, l'éco-éthologue basé à Brest, observateur attitré des oiseaux du littoral breton, a l'agilité d'un pirate quand il parcourt, sa longue-vue sur l'épaule, l'étroit chemin des fous qui surplombe les récifs du cap Fréhel. Le voici qui disparaît par une faille pour reparaître tout en bas, au niveau de la mer, petite silhouette perdue au milieu de la nuée. Une troupe de guillemots se serre dans une anfractuosité. Six pingouins – sur la trentaine de couples seulement qui restent en Bretagne – cherchent une place en battant violemment de leurs ailes. Trois fulmars boréals somnolent, insensibles aux cris des goélands argentés. Le cap est, fin mai, une vaste couveuse.
Mais pour Bernard Cadiou c'est calme, trop calme : "Après ce que les ornithologues Britanniques ont rapporté, on s'attendait à ce que cela nous tombe sur la tête un jour ou l'autre… Déjà l'an passé, tous les signaux ont viré au rouge : la reproduction des oiseaux a été catastrophique. Et dans le même temps les pêcheurs nous racontaient qu'ils ne trouvaient plus de lançons dans la panse de la raie ou du lieu qui d'habitude en dégorge… Car ce qui est vrai pour les oiseaux l'est également pour les hommes. L'appauvrissement des ressources de la mer touche les uns comme les autres. A Saint-Jacut, le patron d'un palangrier m'a raconté qu'il avait l'an passé commencé sa campagne avec un mois de retard faute de pouvoir ramener ce lançon qui lui sert d'appât." Dans la grosse houle triste qui enserre la Grande Fauconnière, flotte le corps inélégant et désarmé d'un cormoran mort.

Pour ceux qui s'inquiéteraient de savoir quelles sont les conséquences du réchauffement climatique, les oiseaux – qu'ils soient marins, migrateurs ou hibernants – sont un indicateur riche d'enseignements quant à la rapidité des évolutions en cours. Le phytoplancton est parti le premier, puis le lançon, puis les cormorans…
Et puis qui ? Un simple degré d'augmentation de la température et c'est tout un écosystème qui s'effondre. Quand on sait que les climatologues du GIEC – le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat –, font état dans leur rapport d'une possible élévation des températures de 1,8 à 4 degrés au cours du siècle à venir, on imagine le grand chambardement qui se prépare dans cette nature où les êtres vivants, nous compris, sont interdépendants ! Et les climatologues savent que, quand bien même les objectifs de réduction des gaz à effet de serre annoncés par les grandes nations seraient atteints – ce qui est déjà en soi largement improbable vu la révolution énergétique que cela suppose –, la durée de vie de ces gaz ne permet pas d'imaginer un redressement miracle et rapide de la situation.

Les oiseaux sont des alarmes qui ne cessent de se déclencher. C'est l'hirondelle qui n'annonce plus le printemps parce qu'elle préfère passer l'hiver dans son étable, la cigogne qui s'est en grande partie sédentarisée, c'est l'échasse blanche qui s'implante au nord de la Loire et le héron garde-bœuf, pensionnaire de Camargue, qui batifole aujourd'hui en baie de Somme… C'est l'inséparable de Fischer, un petit perroquet d'Afrique tropicale, qui s'installe près de Nice, ou encore la grive que les chasseurs attendent désespérément lorsqu'elle hésite à quitter ses froides terres de Scandinavie.
En 1989, la communauté scientifique française s'est dotée d'un outil de surveillance territoriale des volatiles, le programme Stoc (Suivi temporel des oiseaux commun). En 2006, dix-huit ans après sa mise en place, on constate que les communautés d'oiseaux se sont déplacées de 124 km vers le nord !

Migration désynchronisée Dès que le soleil se lève, Yves Muller est en forêt. La grande forêt des Vosges du nord qui entoure sa maison à quelques battements d'ailes de l'Allemagne. Des deux côtés du chemin, la terre a été retournée en sillons sauvages par les sangliers. Le soleil est encore jeune mais l'air est pur et empli du chant des oiseaux. Une sittelle torchepot fait tuut tuut tuut, un pinson lance son ti ti ti ti tuiyou. Le cri sec et strident des fauvettes à tête noire – tac tchack tchack – se mue en chant : "Il est très facile à reconnaître, c'est celui qui est joliment flûté vers la fin." C'est sa forêt, à Yves Muller. 6 300 hectares classés zone Natura 2 000, le réseau écologique européen.
Professeur de mathématiques à mi-temps au lycée de Bitche, et ornithologue le reste du temps, il en connaît les moindres recoins depuis trente ans qu'il la parcourt de long en large. C'est lui qui a peint tous ces ronds jaunes qu'on voit ici et là orner des arbres morts. Il ne s'agit pas de les abattre mais au contraire de les conserver. Yves Muller les a choisis pour les cavités qu'ils recèlent comme autant de nids possibles pour les passereaux migrateurs.
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